Jean Giraud n’est plus: un grand bédéïste s’est envolé…


Ce dimanche on annonce le décès du dessinateur du célèbre Blueberry, Jean Giraud.

Jean Henri Gaston Giraud (son vrai nom), qui signait également Gir certaines de ses oeuvres, aurait eu 74 ans en mai.

« Il est mort ce matin (le 10 mars) des suites d’une longue maladie », a indiqué à l’AFP une proche de la famille, qui travaille également aux éditions Moebius Production/Jean Giraud qu’il avait fondées à Paris en 1996.

Pour beaucoup, il reste l’un des créateurs les plus audacieux du genre, un pionnier à l’influence considérable, auquel la Fondation Cartier pour l’Art contemporain avait rendu un hommage majuscule, en 2010-2011, en organisant une rétrospective de ses oeuvres au style unique et en perpétuelle évolution.

Pour Benoît Mouchart, directeur artistique du festival international de la BD d’Angoulême, l’un des plus grands salons du 9e Art, « la France perd l’un de ses artistes les plus connus dans le monde. Au Japon, en Italie, aux Etats-Unis, c’est une incroyable star, qui a influencé la BD mondiale ».

« Je pèse mes mots : Moebius restera dans l’histoire du dessin, au même titre que Dürer ou Ingres », a-t-il dit à l’AFP.

« Toute la profession est sous le choc, totalement effondrée, même si on savait qu’il était gravement malade », a déclaré à l’AFP le secrétaire général de l’Association des critiques de BD (ACBD), Gilles Ratier.

Le dessinateur Boucq a insisté sur le talent d’un « maître du dessin réaliste », avec également « un réel talent humoristique dont il faisait encore largement preuve à l’égard des infirmières quand je l’ai vu il y a quinze jours sur son lit d’hôpital », a-t-il raconté à l’AFP.

Après une enfance à dessiner des cow-boys et des indiens et une formation à l’Ecole des arts appliqués, Jean Giraud, né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, avait commencé à publier ses premiers dessins publicitaires et de mode à 18 ans, avant de collaborer à des illustrés comme Fripounet et Marisette.

De retour de la guerre d’Algérie, où il fit son service militaire, il commence à publier une série western dans le magazine Spirou, puis dans Pilote.

C’est ainsi que naissent les aventures du lieutenant Blueberry, ancrées dans ce monde en friches du « Wild, Wild, West » : cinq albums inscrits sur deux décennies, qui donnèrent lieu à plusieurs adaptations télévisées et un film, signé Jan Kounen en 2004, avec Vincent Cassel dans le rôle titre.

Mais Moebius, c’était aussi et même surtout pour ses adeptes, un chaman féru de fantastique et de science-fiction : c’est d’ailleurs pour signer les premières illustrations d’une série de magazines et de livres sur la SF, à la fin des années 60, qu’il créera le pseudonyme de Moebius, emprunté à un mathématicien allemand.

C’est sous ce nom d’emprunt qu’il a réalisé la série L’Incal, être mystérieux et double – l’Incal Lumière et l’Incal Noir – aux pouvoirs surpuissants mais pas maléfiques, scénarisé par le réalisateur chilien Alexandro Jodorowsky. (tiré de l’Article: du Libération)

BertranD

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